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Swiss Open Genève

Swiss Open 2011

Hischier et Chammartin, des gars en or

Il y a le grand costaud et le petit explosif. Dominque et Ludovic. Hischier et Chammartin. Quand l'un combat, l'autre n'est jamais loin pour lui envoyer ses encouragements. Copains comme cochons et seuls Suisses à connaître l'ivresse de la médaille d'or lors de ce Swiss Open de Genève. Courage pour l'un, vista pour l'autre. Honneur à Hischier, la « star », chez lui, devant son public, à Genève. Il a livré un parcours très solide toute la journée jusqu'à se retrouver en finale face au Britannique Matthew Purssey, un grand gaillard. Après avoir bien débuté, Dominque ne parvient plus à développer son judo car son adversaire le prive de sa manche gauche. Heureusement, il réussit à atteindre le golden score. Ereinté par une préparation physique intense en vue des championnats d'Europe, Dominique trouve la lumière, alors qu'il est en position de faiblesse, sur un superbe okuri-de-ashi-barai. Ippon ! Explosion de joie dans la salle pour le chouchou du public: « Vu ma condition physique, je suis satisfait. J'ai bien commencé en finale avant de peiner physiquement. j'ai bien écouté les clefs de mon coach, Gilles Spaggiari, et et cela m'a permis de sortir de cette situation " a expliqué Dominique à la sortie du tapis.

Chammartin fait le show

Ludovic a été très impressionnant tout au long de son parcours dans le tableau des moins de 60 kilos. Le Fribourgeois a tracé sa route avec brio. Au troisième tour, mené d'un waza-ari, il a réussi à l'emporter. En finale, petite surprise puisqu'il retrouvait son compatriote Michael Iten. " On s'entraine souvent ensemble, on se connait trés bien et je savais que le combat allait être tactique " nous a déclaré Ludovic. Pas vraiment en fait. Il n'a eu besoin que de 2 minutes pour scotcher Michael sur le dos gràce à un contre parfait. " C'est sympa de l'emporter ici et de disputer la finale contre Michael. Il ne fallait surtout pas faire d'erreur. Maintenant, je suis confiant quant à une éventuelle qualification pour les championnats d'Europe " conclut-t-il. Sans trop s'avancer, on peut dire qu'il y sera. Derrière eux, David Papaux (-73kg) est venu conquérir une belle médaille d'argent. Il a été très appliqué et a pratiqué un judo varié tout au long de son parcours. En finale, il doit rendre les armes face à l'excellent Néerlandais Van der Kamer, sur un contre de sode. La déception prévalait chez le Suisse: " J'aurais davantage du le pousser à la faute, à la sortie de tapis, car il avait tendance à fuir a regretté David. Les pénalités font aussi gagner des combats. " Cette journée est toute de même très intéressante pour lui. Il ira également à Istanbul pour l'Euro. Quatre médailles dont deux en or, c'est un record pour la Suisse dans son open. En revanche, chez les filles, aucune n'a réussi à se hisser sur un podium. Dur, dur. L'absence de Juliane Robra s'est durement faite ressentir. Mais les garçons ont répondu présent pour cette première édition d'un Swiss Open qui a tenu toutes ses promesses. A part les représentants suisses, on retiendra la classe de Dimitri Dragin en moins de 66 kilos. Sacré meilleur technicien du tournoi, le Français a voltigé toute la journée en inscrivant des ippons tous plus spectaculaires les uns que les autres. On surveillera aussi l'ascension de la jeune Kim Polling (-70kg), également titrée, et qui a les armes pour devenir une très belle machine. Le Swiss Open est sur de bons et jolis rails.

Stéphane Levine

Photos
Samedi 1
Samedi 2
Dimanche

Trois questions à Cédric Morin, responsable du comité d'organisation

Cédric, quel bilan tirez-vous de ce premier Swiss Open nouvelle génération?
Je suis satisfait du résultat étant donné les nombreuses difficultés que nous avons rencontrées. Le comité d'organisation a mis un coup de collier pendant les 3 dernières semaines afin de respecter nos échéances et nos désirs de qualité. Pour un renouveau, c'est de bonne facture. En raison du budget, nous étions obligés de faire certaines choses à la baisse. Il ne fallait pas se mettre en déficit pour plusieurs années alors que c'était la première édition. Avec le recul, c'était le bon choix de faire moins cher.

Quels sont les principaux points positifs?
La salle se prétait bien à la compétition. La circulation des athlètes, des coaches, du public, de l'organisation se passe bien. Ca fait professionnel. Pour un tournoi non qualificatif, qui ne rapporte pas de points pour les Jeux olympiques sans label, la qualité est bonne. Le prize money nous a aidés à ramener des judokas. Cet effort a payé.

Avez-vous des idées pour la prochaine édition?
Il y à pleins de petits détails à régler. Il faut corriger ce qui a été mal fait et apprendre de nos erreurs
Nous allons organiser deux débriefings et apprendre là-dessus. Le plus important, je pense, est connaïtre les droits et devoirs de chaque partie, entre la Fédération et le comité d'organisation. Il faudra aussi être en avance pour avoir le temps de faire les choses.

Trois questions à Eric Hänni, médaillé d'argent aux Jeux oylympiques de Tokyo en 1964

Eric Hänni, quel regard portez-vous sur ce Swiss Open?
Le niveau général n'est pas comparable à celui d'un tournoi A ou B car il n'y a pas ou presque pas de gens qui sont médaillés européens ou mondiaux. C'est pour cela que je suis un peu mitigé. C'est un tournoi C.

Qu'avez-vous noté dans les attitudes, les comportements, par rapport à ce que vous avez connu?
Il y a beaucoup de judokas qui ne donnent pas le maximum. Ils manquent de mordant. Ils ne se donnent pas la dernière possibilité de se sortir de situation compliquées, de se dégager quand ils sont au sol par exemple. Ils baissent les bras. Et malheureusement, quand ils perdent, ils cherchent d'abord la responsabilité chez l'autre, chez l'arbitre ou ailleurs, plutôt que chez eux.

Et les Suisses...
Il ne faut pas se cacher, ils ne sont pas encore au niveau qui donne les médailles internationales malgré les bons résultats des garçons. La barre du haut-niveau est élevée. Comme je disais, il manque la dernière chose qui fait la différence, l'orgueil.

Quels ont été vos coups de coeur durant ce tournoi?
J'ai bien aimé les prestations de Dimitri Dragin (-66kg), de Kim Polling (-70kg) et de Karine Berger (-70kg). Dragin ne s'affole jamais. Si ça ne passe pas, il revient et il recommence. Il sait bien attendre les fautes de l'adversaire. Je dirais qu'il fait exactement ce qu'il faut pour gagner. Et en plus, il a gagné tous ses combats par ippon même si on lui en a oublié trois au passage...